Passion à la prison du pont !
Quand on vous aime
voulez-vous vous en défendre
Vous êtes cruelle
qui ne suis-je moins tendre
je vous avoue ma faiblesse
Couché la main sur ce papier
avec adresse
vous la trouverez.
Ce poème de huit vers découvert en première page du registre d’écrou de l’an VI (1797-1798) interroge. Qui nous laisse ici le témoignage de son amour malheureux : le concierge de la maison d’arrêt qui a incarcéré Marie pour vol le 25 messidor ? ou le brigadier qui a interpellé Françoise le 4 thermidor, fille errante et vagabonde ?
Le registre d’écrou est consultable sur le portail Archives et Patrimoine(s)
La première prison de Landerneau est construite sur le pont en 1518. Elle se situe à l’étage du moulin. Trois pièces sont affectées aux détenus, dont une pièce pour les femmes. Le registre d’écrou mentionne « les noms les prénoms des prisonniers qui ne demeureront que momentanément à la maison d’arrêt de l’arrondissement de Landerneau », avant d’être libérés ou transférés dans un autre établissement. À la période révolutionnaire, 65 hommes ou femmes peuvent y être enfermés simultanément.
Humide et malsain, le bâtiment ouvert jour et nuit n’offre aucune sécurité. Le gardien aux multiples métiers (geôlier, meunier, pêcheur) n’assure pas la surveillance des détenus. Le bruit de l’eau et du moulin permettent aux prisonniers de s’en évader facilement en descellant les pierres des murs et en plongeant dans l’Élorn.
En 1825, un incendie se déclare dans les boutiques de la maison voisine. Le moulin est fragilisé et l’étage qui accueille la prison est détruit.
