C'est la rentrée !
Alors que les élèves retrouvent le chemin de l’école en cette rentrée de septembre, Landerneau célèbre deux anniversaires marquants de son histoire éducative : les 200 ans de l’école Jean Macé et les 190 ans du collège communal.
L’école Jean Macé fête ses 200 ans
À la suite de la Révolution française, les établissements scolaires de Landerneau avaient cessé leur activité. Dès le début du XIXème siècle, la municipalité entreprend de reconstruire une offre d’enseignement pour les jeunes Landernéens. C’est dans ce contexte qu’ouvre, en 1826, la première école publique pour filles, située rue de Plougastel, aujourd’hui rue Henri Bourhis. Sa gestion est confiée aux sœurs de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, qui assurent non seulement l’instruction des jeunes filles, mais également le fonctionnement d’une salle d’asile, ancêtre de l’école maternelle, ainsi qu'un bureau de bienfaisance.
L’établissement est accessible gratuitement à la majorité des élèves, seules les familles les plus aisées doivent s’acquitter de frais de scolarité. Son succès est rapide : en 1856, l’école accueille 190 élèves en primaire et 240 enfants en maternelle. En 1874, les effectifs atteignent 401 jeunes filles, dont certaines proviennent de communes voisines dépourvues d’école.
L’adoption des lois scolaires de Jules Ferry en 1881-1882, qui instaurent la gratuité, la laïcité de l’enseignement public et l’obligation scolaire pour les enfants de 6 à 13 ans, entraîne une nouvelle augmentation des effectifs. Cette même année, près de 500 élèves sont répartis dans quatre classes, dont l’une compte à elle seule 187 enfants.
L’école n’étant plus assez grande, le maire républicain Amédée Belhommet décide de la création d’une nouvelle école près de la gare (actuelle école Ferdinand Buisson). En 1885, la tenue de l’école de la rue de Plougastel est confiée à des institutrices laïques, malgré l’opposition des religieuses du Saint-Esprit.
En 1939, l’école prend le nom de Jean Macé, en hommage à ce pédagogue et défenseur de l’instruction gratuite, laïque et accessible à tous. Devenus vétustes, les bâtiments d’origine sont abandonnés en 1992 au profit d’un nouveau site situé rue André Millour, à proximité de l’école Jules Ferry. Si les deux établissements partagent alors les mêmes locaux, leur fusion administrative n’intervient qu’en 2011, donnant naissance à l’école Jean Macé-Jules Ferry.
190 ans du collège communal
L’enseignement secondaire connaît lui aussi une histoire mouvementée après la Révolution française. En 1799, le prêtre Emmanuel Pillet acquiert l’ancien couvent des Capucins afin d’y installer un collège gratuit accueillant plusieurs dizaines d’élèves. Cette expérience prend fin en 1815, lorsque l’établissement est fermé par décision préfectorale.
Quelques années plus tard, en 1828, le sieur Rimant crée une école secondaire payante. Celle-ci obtient officiellement le titre de collège par ordonnance royale en 1836, marquant la naissance du collège communal de Landerneau, premier établissement public d’enseignement secondaire de la ville. Dès 1837, il s’installe dans la maison Maingant, au 10 rue de la Fontaine Blanche.
Malgré son rôle pionnier, le collège doit fermer ses portes en 1890 en raison d’un effectif insuffisant. Le bâtiment est vendu l’année suivante. Pour poursuivre la formation des élèves après le certificat d’études primaires, la commune met alors en place un cours supérieur dans les écoles communales. Cette offre est complétée en 1909 par des cours complémentaires ouverts aussi bien aux filles qu’aux garçons.
Dès cette époque, le projet d’implanter à Landerneau une annexe du lycée de Brest est évoqué. Il faudra cependant attendre 1946 pour voir ouvrir le lycée de l’Élorn et le retour officiel d’un établissement public d’enseignement secondaire dans la ville. Celui-ci accueille les élèves dès la sixième jusqu’en 1965, année de l’inauguration du collège de la Gare, avant son transfert vers le site de Mescoat à la fin des années 1970.
Sources :
Jehan Bazin, Landerneau : Ancienne capitale de la principauté de Léon, 1962, 151 p.
Marie-Gwenn Diamant, L’enseignement primaire à Landerneau des années 1820 à la veille des lois Ferry, mémoire de maîtrise en Histoire, Université de Bretagne Occidentale, 1997, 310 p.
Jean-Pierre Thomin, École Ferdinand Buisson, Landerneau 1885-1985, un siècle d’histoire, 1985, 125 p.
